Boîte à outils
10 106
André Chapleau

Auteur : André Chapleau

Ce roman-feuilleton se déroule dans le milieu des arts visuels et met en scène un peintre, une galeriste, un amateur d’art, un inspecteur… dans une intrigue policière qui nous fait voyager dans le cœur de l’œuvre.

15 chroniques
Les taches noires
Page précédente
2 
Page suivante

Chapitre I

Ici, tout est logé à la même enseigne  : des tubes de couleurs, des pots ouverts où finissent de sécher des pigments oubliés, des récipients de verre contenant des solvants, des restes d’anciens mélanges, des boîtes de pizza dans lesquelles on retrouve même de vieilles croûtes, des bouteilles de toutes sortes, de la vaisselle sale, des canevas empilés les uns sur les autres, (...)

Chapitre II

L’homme était loin de se douter qu’il serait un jour le sujet d’un tableau. Par contre, si on lui avait dit qu’il serait mort avant la fin de la semaine, il n’aurait pas été étonné outre mesure. Pourquoi ? Il n’aurait pas su répondre. Mais l’homme croyait au destin, et il avait toujours su que le sien serait des plus obscurs.

Chapitre III

Le vieil homme mit plusieurs jours avant de remettre les pieds dans son atelier. Cette vision de mort, qui l’avait poussé à commencer à peindre son sinistre tableau, l’avait éloigné du travail et lui avait laissé dans la bouche un goût amer que ces quelques jours d’oisiveté n’avait pas réussi à chasser. Il continuait d’être hanté par ce regard désespéré qu’il avait vu en songe, et que son intuition l’avait poussé à reproduire sur la toile. (...)

Chapitre IV

Plusieurs fois, l’homme avait voulu composer son numéro, mais le souvenir aigu de la menace contenue dans la lettre anonyme reçue la veille l’en empêchait. Pourtant, il ne comprenait rien à tout ça. Qui aurait bien pu vouloir le décourager de revoir madame S ? Il ne lui connaissait pas d’ex-mari ou d’ancien petit ami, ni de prétendant ou de parent protecteur. (...)

Chapitre V

La toile se compléta progressivement, on aurait dit hors de sa volonté, sans qu’il ait vraiment l’impression de créer quoi que ce soit. C’est comme si la peinture avait déjà été là, sur la toile, et qu’il ne faisait rien d’autre que de gratter à la surface, à l’aide d’une spatule, la fine couche blanche qui la recouvrait pour révéler, en palimpseste, l’œuvre cachée derrière. Dès qu’il eut fini de peindre les yeux, ces derniers le fixèrent avec une telle autorité qu’il n’aurait su reposer son pinceau avant d’avoir achevé sa tâche.

Chapitre VI

« Une minute, j’arrive… » Il parvint à tâtons jusqu’à l’entrée puis alluma. En ouvrant la porte, ses yeux éblouis durent pendant un instant s’habituer à la lumière avant de pouvoir reconnaître le visage affolé de Madame S. « Mais qu’est-ce que… », commença-t-il.

– Il fallait que je parle à quelqu’un, lança-t-elle d’emblée.
– Mais pourquoi, qu’est-ce qui se passe ? s’étonna l’homme, complètement déboussolé.
(...)

Chapitre VII

Schreder mit plusieurs jours avant de retourner à son atelier. Le lendemain de l’agression, il essaya de s’imaginer pour quelle raison quelqu’un avait pu venir chez lui pour voler une toile dont la peinture avait tout juste eu le temps de sécher. Et puis ce n’est pas tout à fait dans la manière des amateurs d’art… Il avait bien sûr entendu parler du recel d’œuvres d’art, mais pourquoi s’intéresser à lui ? Ses tableaux avaient une certaine valeur marchande, mais pas à ce point !

Chapitre VIII

L’inspecteur Dubois prit son temps avant de se rendre à la chambre à coucher. Il examina les meubles anciens, les beaux objets et les tableaux sur les murs. Il ne connaissait pas grand chose à l’art, mais savait toutefois reconnaître les signes de la richesse et du bon goût lorsqu’il les voyait : les toiles étaient trop petites et les cadres trop imposants pour que ce soit des reproductions. (...)

Chapitre IX

La galerie occupait le sous-sol d’un de ces vieux édifices de pierre qui semblaient se fondre les uns dans les autres, formant une masse uniforme sur laquelle perçaient d’antiques portes décorées de vitraux ternis par les ans. La petite rue pentue était peu passante et s’enfonçait dans l’ombre d’un parc minuscule qu’encadraient d’anciens bâtiments commerciaux. (...)

Chapitre X

Allez ! Dites-moi ce que vous savez ! lança l’inspecteur à Madame S. aussitôt que Shreder et elle eurent pris place en face de lui.

Paul Dubois avait appris du concierge que c’est elle qui avait découvert le corps et il tenait d’abord à régler certains détails avant d’interroger l’auteur du tableau, ce Shreder que l’inspecteur avait eu la bonne fortune de trouver en compagnie de Madame Santi. (...)

Page précédente
2 
Page suivante
Artiste du mois
Reportage du mois
Lettre d'opinion du mois
Panier d'achat
Calendrier de parution
Calendrier de parution
Produit vedette ce mois-ci